Cerisiers pleureurs : le guide complet pour choisir, planter et faire fleurir votre arbre
Chaque printemps, les cerisiers pleureurs transforment les jardins en tableaux de peinture japonaise. Leurs rameaux retombants chargés de fleurs roses ou blanches créent un effet spectaculaire que peu d’arbres peuvent égaler. Et pourtant, beaucoup de jardiniers hésitent encore à en planter un, par peur de mal choisir la variété ou de rater la floraison.
Bonne nouvelle : le cerisier pleureur est bien moins capricieux qu’il n’y paraît. À condition de choisir le bon cultivar selon la taille de votre jardin, de le planter au bon endroit et de respecter quelques règles simples d’entretien, il vous offrira une floraison généreuse pendant des décennies.
Les principales variétés de cerisiers pleureurs
Sous l’appellation « cerisier pleureur » se cachent plusieurs espèces et cultivars aux caractères bien distincts. Connaître leurs différences, c’est éviter de planter un arbre trop grand pour votre espace — ou au contraire trop timide pour l’effet recherché.
Prunus serrulata ‘Kiku-shidare-zakura’ : la référence
C’est le cerisier pleureur le plus cultivé en Europe et le plus fidèle à l’image du sakura japonais. Ses branches retombent en cascade, couvertes au printemps de fleurs doubles rose vif en pompons denses. À maturité, il atteint 4 à 6 mètres de hauteur pour 3 à 5 mètres d’étalement — des proportions parfaites pour un petit ou moyen jardin.
Son feuillage, vert bronze à l’apparition, vire au vert brillant en été puis au jaune orangé en automne. L’arbre présente ainsi trois saisons d’intérêt décoratif successifs.
Prunus subhirtella ‘Pendula’ : plus léger, plus naturel
Parfois appelé « cerisier fontaine », ce cultivar a un port plus aérien que le Kiku-shidare. Ses rameaux fins et souples tombent en cascade jusqu’au sol, portant des fleurs simples rose pâle issues de boutons rouge cramoisi. La floraison intervient légèrement plus tôt — mars-avril selon les régions — et l’ensemble de la silhouette est plus gracile, moins chargé que le serrulata.
C’est l’option à privilégier si vous souhaitez un arbre au caractère plus sauvage, moins architectural.
‘Snow Fountains’ : la cascade blanche
Moins connue mais remarquable, cette variété se distingue par ses fleurs blanches pures qui forment une véritable cascade jusqu’au sol. Son port très pleureur et sa taille compacte (2 à 3 mètres) en font un choix idéal pour les petits jardins, les cours ou même un grand pot de terrasse.
| Variété | Hauteur adulte | Couleur des fleurs | Jardin adapté |
|---|---|---|---|
| Kiku-shidare-zakura | 4 à 6 m | Rose vif, doubles | Petit à moyen |
| Subhirtella Pendula | 4 à 8 m | Rose pâle, simples | Moyen à grand |
| Snow Fountains | 2 à 3 m | Blanc pur | Petit, terrasse |
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Où et comment planter un cerisier pleureur
L’exposition : le soleil, sans négociation
Le cerisier pleureur est un arbre de plein soleil. Une exposition mi-ombragée réduit significativement la densité de la floraison. Dans un jardin exposé au nord ou sous un couvert arboré dense, l’arbre végète, produit peu de fleurs et devient sensible aux maladies fongiques. Choisissez un emplacement dégagé, idéalement à l’abri du vent dominant pour protéger les fleurs fragiles au printemps.
Le sol : tolérant, mais pas sans limites
C’est l’un des atouts du cerisier pleureur : il accepte la majorité des sols, y compris calcaires. Il préfère cependant un sol frais, profond et bien drainé. Les sols lourds et gorgés d’eau en hiver sont sa principale faiblesse — la stagnation d’eau favorise la pourriture des racines et les maladies du bois.
Conseil pratique : si votre sol est argileux, incorporez du sable grossier et du compost dans la fosse de plantation sur une profondeur de 50 à 60 cm. Un drainage en fond de fosse n’est pas superflu dans les zones à pluviométrie élevée.
La période de plantation
Plantez de préférence en automne (octobre-novembre), hors gel. C’est la période où l’arbre entre en dormance et où les racines profitent des pluies automnales pour s’établir avant la reprise printanière. Un tuteurage solide est indispensable la première année — les branches retombantes créent une prise au vent importante qui peut déraciner un jeune arbre non stabilisé.
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Entretien : ce qu’il faut faire (et ne pas faire)
La taille : légère et ciblée
Le cerisier pleureur n’a pas besoin d’une taille annuelle lourde. L’intervention se limite à deux moments clés :
- Après la floraison : raccourcissez légèrement les extrémités des branches d’environ un quart, juste au-dessus d’un œil bien gonflé. Cette taille douce maintient la silhouette et stimule la ramification.
- En hiver : supprimez uniquement le bois mort, les branches croisées ou les rameaux qui frottent.
Ne taillez jamais en automne ou en plein été — les plaies de taille s’infectent facilement chez les Prunus, surtout en période de forte activité végétative.
La fertilisation
En février, griffez au pied de l’arbre un mélange de compost mûr et de corne broyée. Cette apport annuel suffit à entretenir une floraison généreuse. Évitez les engrais azotés en excès qui favorisent le feuillage au détriment des fleurs.
Les deux premières années : la priorité à l’arrosage
Un jeune cerisier pleureur est vulnérable au stress hydrique, surtout lors des étés chauds. Les deux premières saisons, arrosez abondamment tous les 8 à 15 jours d’avril à septembre selon la pluviométrie. Ensuite, l’arbre adulte se passe d’arrosage sauf sécheresse prolongée.
Avec quoi associer un cerisier pleureur ?
C’est souvent la question oubliée — et pourtant déterminante pour la cohérence du jardin. Pendant la floraison, le cerisier pleureur est tellement spectaculaire qu’il n’a besoin de rien. C’est au pied et dans les semaines qui précèdent ou suivent la floraison que les associations deviennent intéressantes.
- Bulbes de printemps (muscaris bleus, narcisses, tulipes) : ils créent un tapis coloré au pied de l’arbre et fleurissent juste avant ou pendant la floraison du cerisier
- Hostas et fougères : leur feuillage généreux comble l’espace à l’ombre portée de l’arbre en été
- Érables du Japon (Acer palmatum) : la même esthétique asiatique, le même calendrier d’intérêt, une harmonie évidente
- Myosotis et hépatiques : au pied, pour l’effet « sous-bois printanier » très romantique
Un cerisier pleureur isolé sur une pelouse, en arrière d’un bassin dont il se reflète dans l’eau, reste cependant l’association la plus saisissante — et la plus fidèle à la tradition japonaise du hanami, cette contemplation mélancolique des fleurs éphémères.
Un arbre pour plusieurs générations
Le cerisier pleureur est un investissement de long terme dans le sens le plus beau du terme. Sa croissance modérée — environ 20 à 30 cm par an — impose la patience les premières années. Mais un spécimen de dix ans est déjà magnifique, et les plus vieux cultivars peuvent atteindre un siècle d’existence en offrant chaque printemps la même floraison spectaculaire.
Plantez votre cerisier pleureur cette année, choisissez-le adapté à votre espace, et dans trois ou quatre saisons, il deviendra l’arbre autour duquel toute la vie de votre jardin s’organise au printemps.
